dimanche 5 décembre 2010

#4 - Les Aventures du baron de Münchausen (The Adventures of Baron Münchausen) - 1988 - Terry Gilliam

Age des enfants: Fille de 11 ans, garçon de 9 ans.
Titre: Les Aventures du baron de Münchausen
Titre VO: The Adventures of Baron Münchausen
Réalisateur: Terry Gilliam
Année: 1988
Durée: 2h05
Avec: John Neville, Eric Idle, Sarah Polley, Oliver Reed (Vulcain)
Liens: IMDB; Cinemotions; Allocine

Contexte: Les aventures du Baron de Münchaüsen est une histoire très fantaisiste basée sur les récits relatés par le vrai Baron lui-même. Bien entendu, bien que réel, le Baron, qui vécut une existence bien remplie de militaire en Allemagne et en Russie, a légèrement exagéré ses faits et gestes, au point qu'on le surnomma le "Baron de Crac" (« baron du mensonge », merci Wikipédia). Ses récits n'en sont pas moins passés à la postérité, et ont nourri l'imaginaire de plusieurs générations d'enfants. Néanmoins, il n'est pas rare que les enfants ne connaissent pas du tout cette histoire. C'est pourquoi j'ai décidé de montrer à mes enfants l'adaptation que Terry Gilliam en a fait en 1988. Le film me permet de leur faire découvrir une histoire qu'ils ne connaissent pas, mais également de mettre un pied dans le monde des Monty Python (Terry Gilliam, le réalisateur, et Eric Idle, qui incarne Berthold, étaient tous deux membres de la troupe).

Réactions: Les enfants ont apprécié le film, mais ça n'a pas été simple.
En fait, le film leur a paru long. S'il est vrai que sa durée dépasse les deux heures, je vois dans cette remarque le résultat de certaines longueurs qui peuvent rebuter nos enfants habitués à un rythme plus soutenu. Un chapitre tel que celui qui se passe sur la Lune, est peut-être moins réussi que les autres, malgré Robin Williams, et a semblé long.
Par contre, certaines images sont certainement gravées dans leur mémoire pour longtemps. Par exemple, le baron chevauchant un boulet, ou bien ses compagnons aux capacités dignes des plus grands super-héros.

Côté adulte, le constat est le même, bien que plus modéré. D'accord, ce n'est pas le plus réussi des films de Terrry Gilliam, mais il est tout de même plaisant à voir. De plus, personnellement, voir les aventures du Baron de Münchaüsen que je lisais, enfant, dans un grand livre illustré, retranscrites dans un style aussi ludique  et visuel que celui de Terry Gilliam a un petit goût de madeleine de Proust qui n'est pas pour me déplaire.

samedi 20 novembre 2010

#3 - Le tombeur de ces dames (The Ladies Man) - 1961 - Jerry Lewis

Age des enfants: Fille de 11 ans, garçon de 9 ans.
Titre: Le tombeur de ces dames
Titre VO: The Ladies Man
Réalisateur: Jerry Lewis
Année: 1961
Durée: 1h46
Avec: Jerry Lewis, Helen Traubel, Kathleen Freeman
Liens: IMDB; Cinemotions; Allocine

Contexte: Qui, parmi les adultes, ne connait pas Jerry Lewis? Nous savons tous quel clown il peut être dans ses films, parmi lesquels certains sont considérés comme des chefs-d'œuvre de la comédie. J'avais, personnellement, quelques souvenirs de Docteur Jerry et Mister Love, mais on m'a conseillé de passer d'abord par Le tombeur de ces dames qui semblait encore plus approprié. C'est donc ce que j'ai fait.

Réactions: Mitigées. Ma fille a aimé l'ensemble, et beaucoup apprécié certains gags. Mon fils, quant à lui, a commencé à dire vers la moitié du film qu'il s'ennuyait, ce qui ne l'a pas empêché, par la suite, de continuer à rire à la vue de certains gags, ni de regarder jusqu'au bout.
Il faut peut-être voir, dans cette différence d'appréciation, l'expression, d'une sensibilité personnelle au thème du film. En effet, Jerry Lewis joue le rôle d'un homme qui, après un chagrin d'amour, fait le voeu de ne plus jamais fréquenter de femme, mais se fait engager par erreur dans un pensionnat de jeunes filles. Ce thème sied plus, convenons-en, aux préoccupations d'une fille de 11 ans qu'à ceux d'un garçon de 9 ans.
Côté adulte, c'est également mitigé. Peut-être est-dû à la version française qui me semble mauvaise, en particulier la voix dont on a affublé Jerry Lewis (mais il faudrait, pour s'en assurer, entendre la voix originale) qui est difficilement compréhensible par moment.
Reste que certaines séquences du film ont paru molles, avec parfois, certaines maladresses de mise en scène qui ont un peu gâché mon plaisir. Pour tout dire, si certains gags sont vraiment réussis, d'autres semblent un peu trop prévisibles. Pour cette raison, il me semble qu'il vaut mieux voir ce genre de film quand on n'a pas encore l'esprit critique d'un adulte.

samedi 6 novembre 2010

#2 - Les Goonies (the Goonies) - 1985 - Richard Donner

Age des enfants: Fille de 11 ans, garçon de 9 ans.
Titre: Les Goonies
Titre VO: The Goonies
Réalisateur: Richard Donner
Année: 1985
Durée: 1h41
Avec: Sean Astin, Josh Brolin, Corey Feldman...
Liens: IMDB; Cinemotions; Allocine

Contexte: J'avais un vague souvenir de ce film comme d'un "Indiana Jones pour enfants", en tout cas, c'est comme ça qu'il était présenté à sa sortie. Et d'une aventure dans des cavernes. Et que le film avait eu de bonnes critiques. Comme j'aimerais présenter "Les aventuriers de l'Arche Perdue" à mes enfants, c'était un bon test pour voir si on peut aller plus loin.

Réactions: Les enfants ont bien aimé le film. Les films d'aventure, ils adorent. Je ne l'invente pas, c'est ce qu'ils m'ont dit. Pourtant, plusieurs moments pourraient être délicats pour les plus sensibles: un "monstre", des squelettes un peu partout, des pièges. A la question "Est-ce que ça fait peur?", ma fille a voté "non", mon fils a été moins catégorique mais ça ne l'a pas empêché d'aller jusqu'au bout du film.
Côté parents, revoir un film comme celui-là est assez désenchanteur. D'abord, l'intrigue est assez sommaire, les dialogues sont souvent très confus (tout le monde parle en même temps). Ensuite, je n'avais aucun souvenir des multiples gros mots qui émaillent chaque réplique des protagonistes. Je sais que c'est ainsi que les enfants discutent entre eux dans la cour à l'école, mais c'est surprenant au vu de la cible du film. Ce n'est pas gênant pour autant, on s'habitue et on oublie si on n'est pas trop regardant.
En fait, la réalisation est suffisamment prenante pour que tout le monde suive l'histoire jusqu'à son terme, et quelques gags sont assez efficaces et nombreux pour ajouter une respiration supplémentaire à l'ensemble.
Le bilan est donc plutôt positif, mais de justesse à en croire la frange adulte de l'auditoire.

dimanche 31 octobre 2010

Idées de film

J'ai à ma disposition, après avoir consulté plusieurs amis, une liste de films qui pourraient convenir à mon ciné-club familial. Je la posterai certainement bientôt.

Ami lecteur, si tu as des idées de film, n'hésite pas à les soumettre dans les commentaires de ce post.

Bien entendu, les idées stupides seront éliminées...

#1 - Un jour sans fin (Groundhog Day) - 1993 - Harold Ramis

Age des enfants: Fille de 11 ans, garçon de 9 ans.
Titre: Un jour sans fin
Titre VO: Grounhog Day
Réalisateur: Harold Ramis
Année: 1993
Durée: 1h43
Avec: Bill Murray, Andy Mac Dowell...
Liens: IMDB; Cinemotions; Allocine

Contexte: C'est le premier film du ciné-club! Il me fallait une valeur sûre, et c'est donc sur ce film au concept original et ludique que j'ai porté mon choix. A noter, pour votre culture générale, qu'Harold Ramis, le réalisateur du film, c'est le compère à lunette de Bill Murray dans Ghostbusters.

Réactions: Les enfants sont sortis de ce films ravis.Il y a eu peu d'éclats de rire, mais ce n'est pas tout à fait le but de cette comédie. C'est un film prenant sans avoir un rythme effréné.

Le film à peine fini, nous sommes revenus sur la scène où Bill Murray demande des cheese-burgers (je n'en dis pas plus) qui a particulièrement plu à ma fille.
Côté parent, c'est resté un très bon film, aucune mauvaise surprise au programme.

Pourquoi ce blog (version longue)

Il y a quelques jours, je me suis demandé si les images dont sont quotidiennement abreuvés nos enfants sont suffisantes.

"- Suffisantes ?!?", vous entends-je déjà vous révolter.

La question de fond

Rassurez-vous, je ne parle pas de quantité.
J'imagine qu'une grande majorité de parents s'inquiète de la place qu'occupent la télévision, les consoles de jeux, les ordinateurs et les téléphones portables dans la vie de leur progéniture. Je suis comme eux.
Non, je parle de qualité.
Quand les enfants regardent la télévision, les publicités, les séries de dessin animés, les diverses déclinaisons de télé-crochet sont malheureusement les formes de culture qui les attirent le plus.
Et, malheureusement aussi, je les comprends. Depuis longtemps, tout est calibré pour plaire. On sait ce qui marche sur l'esprit des gens. Et on l'exploite. C'est le "temps de cerveau humain disponible" cher à Patrick Le Lay (Les Dirigeants français et le changement, 2004). Donc, les gens aiment ces programmes parce qu'ils sont faits pour leur plaire.

"Alors là, bravo. Clap-clap-clap. Très intéressant. Les gens aiment les programmes faits pour être aimés...", vous imagine-je, prêt à vous détourner à jamais de ce blog. 

Mais ça n'est pas tout. Restez encore un peu.
Si les productions audiovisuelles obéissent depuis longtemps à un impératif de calibrage qui les destine au plus grand nombre, ce qui explique combien la plupart se ressemblent, alors comment se fait-il que les standards d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier?
La réponse évidente est que des ajustements ont été opérés au fil des ans afin de correspondre au mieux à ce qui provoque de l'intérêt chez le spectateur, et chez les enfants en particulier. 
Le premier exemple qui me vient à l'esprit est le début du Livre de la jungle des studios Disney. 
Les premières minutes du film consistent en un grand panoramique avec fondus enchainés sur divers endroits de la jungle déserte, accompagné d'une musique calme et presque monotone, ainsi que du générique complet.
Un vrai calvaire pour les enfants d'aujourd'hui. A tel point que, sur le DVD, l'éditeur en a fait le premier chapitre du film, qu'on saute allègrement pour atteindre le deuxième chapitre, le début de l'histoire.
Aujourd'hui, plus personne ne fait cette erreur. Plus aucun film moderne ne prend le risque d'être lent s'il veut plaire au plus grand nombre, et plus particulièrement aux enfants. C'est le syndrome de la peur du zapping.

Mais si les standards d'hier ne sont pas ceux d'aujourd'hui, les films d'hier en sont-ils mauvais pour autant?

Non, évidemment. Nous avons tous à l'esprit des films que nous avons vus dans notre jeunesse et qui nous ont marqué. L'idée que les succès d'hier seraient peut-être boudés aujourd'hui en dit long sur l'évolution de la culture audiovisuelle de masse.

D'une certaine manière, c'est tout l'objet de ce blog.

L'idée : un ciné-club miniature.

Je voudrais élargir l'horizon cinématographique de mes enfants (qui ont aujourd'hui 11 et 9 ans). Au-delà de tous les films que la plupart des enfants, et plus particulièrement les miens, ont vu, quelles sont les œuvres vers lesquelles ils ne se tourneraient pas spontanément (pour n'importe quelle raison, que ce soit parce qu'elles sont plus vieilles qu'eux ou parce qu'elles ne correspondent pas au standard actuel) mais qui leur donneraient un peu plus que ce qu'ils ont?

L'idée, c'est d'instituer un rendez-vous cinématographique hebdomadaire, le samedi soir, une sorte de ciné-club à la maison, dans lequel nous regarderons en famille un film que les enfants aimeront autant que les parents, un film qui donnera à mes enfants une autre idée du cinéma, pour, qui sait, les ouvrir à une conception plus ouverte et plus globale de toutes  les formes d'expression culturelle..

La difficulté

Maintenant, voilà la problématique concrète qui découle de tout ce processus.
Comment déterminer ce qui convient ou pas à mes enfants dans le cadre de ce ciné-club familial?
J'ai deux ressources subjectives pour anticiper les réactions des enfants. 
D'abord, je me souviens avoir vu beaucoup de films pendant mon enfance. Certains m'ont plu, d'autres m'ont traumatisé. Mais parmi eux, lesquels sont vraiment bons?
Ensuite, j'ai vu de nombreux films une fois adulte, et certains d'entre eux conviennent à des enfants. Là encore, une question se pose. Est-ce que je suis sûr que ce que j'ai apprécié avec mes yeux d'adulte aura le même effet sur mes enfants? La première fois que je me suis rendu compte du décalage qui pourrait exister entre eux et moi, c'est lorsque des amis parents ont loué le premier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson et l'ont regardé avec leurs fils de 9 ans, qui en a fait des cauchemars pendant plusieurs nuits. 
Bien sûr, les orques, Sauron et les Nazguls... Tout ça peut être terrifiant à leur age...

Je pose donc certaines règles (auxquelles je dérogerai certainement si l'envie m'en prend, non mais) auxquelles tous les films de notre ciné-club devront obéir:
- Ils ne doivent pas faire partie des films que mes enfants verraient "spontanément".
- Ils doivent être visibles par des enfants de leur age.
- Ils doivent être visibles en VF (donc, soit des films français, soit des films qui ne souffrent pas trop de la VF). Pas de Monty Python pour l'instant, donc.
- Mes enfants doivent en sortir avec l'impression d'avoir passé un bon moment. Ceci pour deux raisons. D'abord, parce que s'ils s'ennuient, ils ne reviendront pas. Ensuite, parce que c'est le but de ce rendez-vous. Leur montrer que les films et programmes qu'ils voient au quotidien ne sont pas  forcément meilleurs que d'autres dont l'existence leur est encore inconnue.
- Nous, les parents, ne devons pas nous ennuyer. Sinon, ma femme et moi non plus n'y reviendrons plus.

Je prévois d'avance de ne plus respecter la règle du VF obligatoire assez rapidement, tant il me semble que le son original ne peut être retranscrit par le doublage. Mais là encore, il s'agit de ne pas rebuter d'emblée.
De même, l'accessibilité et le propos des films que je proposerai à mes enfants évoluera avec leur maturation et la culture cinématographique qu'ils auront acquise, pour finir avec des films qui n'auront pas leur place dans ce blog.

J'essaierai, autant que possible, de compiler hebdomadairement dans ce blog chacun des films que nous avons vus, ainsi qu'un aperçu des réactions afin d'aider ceux qui pourraient avoir les mêmes préoccupations que moi.

Bonne lecture.